Plage de la verrerie à Marseille : histoire, accès et bons plans pour en profiter

Une plage marseillaise au passé industriel fascinant

Marseille ne manque pas de plages, mais la plage de la Verrerie occupe une place à part dans le paysage balnéaire de la cité phocéenne. Blottie dans les calanques, elle doit son nom à une ancienne manufacture de verre qui s’y trouvait autrefois. Ce vestige industriel, aujourd’hui disparu, a néanmoins laissé une empreinte durable dans la mémoire collective du quartier et dans la toponymie locale. Comprendre l’histoire de ce lieu, c’est saisir comment Marseille a su transformer ses anciennes friches en espaces de vie et de baignade appréciés des habitants comme des touristes.

Au XIXe siècle, la rive sud de Marseille était ponctuée d’activités manufacturières qui profitaient de la proximité de la mer pour l’approvisionnement en matières premières et l’évacuation des marchandises. Une verrerie s’y installa, exploitant le sable local et la main-d’œuvre disponible. L’usine cessa progressivement son activité avec l’essor de l’industrie moderne, laissant la place à ce que la nature sait faire de mieux : reprendre ses droits. La plage qui porte encore son nom est aujourd’hui l’un des témoignages silencieux de cette époque révolue.

Où se trouve exactement la plage de la Verrerie ?

La plage de la Verrerie est située dans le 8e arrondissement de Marseille, à proximité des calanques de Callelongue et de la Madrague de Montredon. Elle s’inscrit dans ce territoire préservé qui borde le Parc national des Calanques, un espace naturel d’exception reconnu à l’échelle européenne. Cette position géographique lui confère un caractère sauvage et intimiste assez rare pour une plage accessible depuis une grande ville.

Pour repérer la plage sur une carte, il faut longer le littoral sud de Marseille en direction des calanques. Elle n’est pas toujours fléchée de manière évidente, ce qui contribue à la préserver d’une fréquentation trop massive. Les habitués la connaissent bien et y reviennent chaque été avec une fidélité qui en dit long sur son charme discret.

Les quartiers et points de repère à proximité

Les alentours immédiats de la plage de la Verrerie sont marqués par des ambiances contrastées. D’un côté, les quartiers résidentiels calmes du sud marseillais avec leurs villas et leurs pinèdes. De l’autre, les premières entailles rocheuses qui annoncent les calanques. Le port de la Madrague de Montredon constitue un repère pratique pour s’orienter, de même que la corniche de la Madrague qui permet de rejoindre le site à pied depuis les quartiers plus urbanisés.

Comment accéder à la plage de la Verrerie ?

L’accès à la plage de la Verrerie demande un minimum d’organisation, notamment en été lorsque le stationnement devient rare et que les routes du littoral sud se saturent rapidement. Voici les différentes options pour s’y rendre selon son mode de transport.

En voiture

Depuis le centre de Marseille, on emprunte généralement la corniche Kennedy, puis on bifurque vers la route de la Madrague de Montredon. Des places de stationnement existent dans le secteur, mais elles sont très disputées pendant les mois de juillet et août. Il vaut mieux arriver tôt le matin, avant 9 heures, pour trouver une place sans difficulté. En haute saison, les autorités locales peuvent mettre en place des restrictions de circulation sur certains axes proches du parc national, pensez donc à vérifier les conditions avant de partir.

En transports en commun

La RTM, réseau de transports en commun marseillais, dessert le secteur via plusieurs lignes de bus. Le bus 19 est souvent cité comme l’un des plus pratiques pour rejoindre la Madrague de Montredon, depuis laquelle il est ensuite possible de marcher jusqu’à la plage. Le trajet à pied depuis l’arrêt de bus est d’environ 20 à 30 minutes selon le chemin emprunté, ce qui constitue une belle mise en jambes pour apprécier pleinement le site.

À pied ou à vélo

Pour les amateurs de randonnée, rejoindre la plage de la Verrerie à pied depuis les calanques voisines est une expérience en soi. Les sentiers du GR98 traversent ce secteur et permettent de relier plusieurs plages et calanques dans une même journée. À vélo, la route est praticable pour les cyclistes aguerris, bien que certaines portions soient pentues et que le trafic motorisé impose une certaine vigilance sur la corniche.

La plage en elle-même : ce qu’il faut savoir avant d’y aller

La plage de la Verrerie est une plage de galets et de sable mixte, typique des anses de la côte sud marseillaise. Elle n’est ni immense ni particulièrement large, ce qui lui donne cet aspect intime et préservé que recherchent beaucoup de visiteurs. L’eau y est d’une clarté remarquable, teintée de bleu-vert selon les heures de la journée et l’ensoleillement.

Baignade et snorkeling

La qualité de l’eau à la plage de la Verrerie est généralement bonne, même si comme sur toutes les plages marseillaises, il convient de vérifier les bulletins de qualité publiés par la mairie en cas de forte pluie précédant votre visite. Les fonds marins de ce secteur des calanques sont particulièrement riches : posidonie, oursins, poissons de roche et poulpes y sont fréquemment observés par les snorkeleurs équipés d’un masque et d’un tuba. C’est sans doute l’une des activités les plus accessibles et les plus gratifiantes que l’on puisse pratiquer ici.

Équipements et services

Contrairement aux plages du Prado ou du Prophète, la plage de la Verrerie ne dispose pas d’infrastructures développées. Pas de maître-nageur sauveteur en permanence, peu de commodités sur place. Cette semi-absence de services est précisément ce qui séduit ceux qui fuient les plages trop aménagées. Il faut donc prévoir l’essentiel : eau, nourriture, protection solaire, et éventuellement des chaussures adaptées aux galets. Un sac poubelle pour ramener ses déchets est aussi une marque de respect indispensable dans ce site naturel classé.

Une fréquentation à gérer avec intelligence

Comme la plupart des plages situées aux portes du Parc national des Calanques, la plage de la Verrerie attire de plus en plus de visiteurs chaque année. Cette fréquentation croissante impose des comportements responsables. Le feu est strictement interdit dans tout le secteur des calanques, et les dépôts sauvages de déchets sont sanctionnés. La végétation environnante, composée notamment de pins et de garrigue, est extrêmement vulnérable aux incendies en été. Des restrictions d’accès peuvent être décidées par préfecture les jours de fort risque d’incendie, généralement quand le vent et la sécheresse s’associent.

L’environnement naturel : entre mer et calanques

Ce qui rend la plage de la Verrerie si singulière, c’est son environnement immédiat. Les falaises calcaires qui l’encadrent, typiques de la géologie des calanques, plongent dans une mer d’un bleu profond. La végétation méditerranéenne — romarin, ciste, pistachier — s’accroche aux moindres crevasses et parfume l’air d’une odeur caractéristique qui devient vite inoubliable.

La faune est également présente, parfois de manière surprenante. Des mouettes et des cormorans fréquentent les rochers alentour, tandis que sous la surface, la biodiversité marine est celle d’un espace protégé. Depuis la création du Parc national des Calanques en 2012, la pression humaine sur ces écosystèmes est mieux encadrée, même si des efforts restent nécessaires pour concilier affluence touristique et préservation des milieux.

Les plages et calanques à découvrir aux alentours

La plage de la Verrerie peut facilement s’intégrer dans un circuit plus large le long du littoral sud de Marseille. Plusieurs sites remarquables se trouvent à courte distance, à pied ou en bateau.

Callelongue

Callelongue est l’une des anses les plus populaires de ce secteur, dotée d’un petit port de pêche authentique et de quelques restaurants qui servent poissons grillés et bouillabaisse. C’est également un point de départ classique pour les randonneurs qui souhaitent s’engager sur les sentiers des calanques en direction de Marseilleveyre ou de l’En-Vau.

La calanque de Marseilleveyre

Un peu plus à l’est, accessible uniquement à pied, la calanque de Marseilleveyre récompense les marcheurs par une solitude presque totale et une eau d’une transparence exceptionnelle. Le sentier pour y accéder depuis la Madrague de Montredon demande environ une heure de marche dans un paysage de garrigues et de roches blanches.

Les îles du Frioul

Pour les amateurs de navigation, les îles du Frioul sont visibles depuis la plage de la Verrerie par temps clair. Des navettes maritimes partent du Vieux-Port de Marseille pour rejoindre ces îles où les plages sauvages et les ruines du château d’If constituent un programme de journée idéal, complémentaire à une visite des plages du sud.

Conseils pratiques pour profiter au mieux de la plage de la Verrerie

Quelques recommandations issues de l’expérience des habitués permettent de transformer cette sortie en souvenir mémorable :

  • Partir tôt : en juillet et août, la plage se remplit rapidement. Arriver avant 9 h 30 garantit de trouver une belle place et un parking disponible.
  • Emporter de l’eau en suffisance : il n’y a pas de point d’eau potable sur place, et la chaleur marseillaise en été peut surprendre les non-habitués.
  • Prévoir des chaussures de plage : les galets peuvent être douloureux pour les pieds sensibles, surtout à l’entrée dans l’eau.
  • Vérifier les conditions météo : le mistral peut rendre la baignade désagréable voire dangereuse certains jours, même sous un soleil éclatant.
  • Respecter le parc national : ne pas prélever de végétaux, de coquillages ou de roches. Ne pas nourrir les animaux. Repartir avec tous ses déchets.

La plage de la Verrerie, entre mémoire industrielle et nature préservée

Peu d’endroits à Marseille offrent cette superposition d’histoires : celle d’un passé industriel qui a façonné le nom du lieu, et celle d’un présent naturel qui en fait l’un des espaces balnéaires les plus appréciés des connaisseurs. La plage de la Verrerie n’est pas une plage de carte postale au sens convenu du terme. Pas de transats colorés en rang serré, pas de parasols à louer, pas de sono. Juste la mer, les roches, le soleil et le vent du large.

C’est précisément pour cette authenticité qu’elle mérite le détour, que l’on soit marseillais de longue date ou visiteur de passage désireux de dépasser les clichés touristiques. Elle rappelle que les plus belles plages sont parfois celles que l’on doit chercher un peu, celles qui n’ont pas encore tout perdu de leur caractère sauvage.